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Boire, oui, mais quelle eau ?

 

 

Peut-on avoir confiance en l’eau du robinet ?

 

En France, l’eau du robinet est de bonne qualité. Bien qu’elle soit très contrôlée, elle suscite pourtant la méfiance. Sa potabilité est évaluée par plus de 60 critères, établis par l’OMS et calculés par rapport aux populations les plus vulnérables (nourrissons, femmes enceintes). Ces critères régulent notamment la teneur en minéraux, qui ne doit pas être trop élevée. L’eau est d’abord captée dans la nature, puis traitée, stockée, consommée, nettoyée et enfin renvoyée dans la nature.

 

 

 

Aujourd’hui, les stations de traitement de l’eau se sont multipliées et la pollution par les nitrates et les pesticides devient très rare. Concernant le plomb, l’eau distribuée en contient très peu. Seules les canalisations des bâtiments anciens et non rénovés peuvent encore être en plomb. Dans ce cas, après une période sans utilisation, l’eau stagnante peut se charger en plomb. Il est donc recommandé de laisser couler un instant l’eau du robinet avant de la consommer.

 

En fonction des régions, l’eau du robinet est plus ou moins chlorée afin de détruire les bactéries qui peuvent s’y trouver. Consommé en excès, le chlore favorise l’acidité du corps. Mais, sa quantité dans l’eau est très faible et ne représente pas une raison fondée d’éviter l’eau du robinet . En revanche il peut donner un goût légèrement désagréable à l’eau. Pour éviter cela, il suffit de mettre l’eau au réfrigérateur durant 1h pour que le chlore s’échappe sous forme de gaz. De la même manière, si le calcaire donne un goût désagréable à l’eau, il est en revanche sans danger sur la santé.

 

Certains mettent en cause la présence de résidus de médicaments dans l’eau. À ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé leur présence significative, ce qui ne signifie toutefois pas qu’ils soient totalement absents.

 

 

 

L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé en France, sa consommation est donc sans danger pour 95,6% des consommateurs. Cependant, encore 4% de la population française reçoit une eau non conforme, essentiellement dans les régions d’agriculture intensive, et dans les petites communes rurales. Les régions les plus concernées sont le Loiret, la Seine-et-Marne, l’Yonne, l’Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme. Pour connaître la qualité de l’eau de son lieu d’habitation, vous pouvez vous rendre sur la page dédiée du gouvernement pour vérifier.

 

 

Les carafes filtrantes sont-elles vraiment utiles ?

En France, la confiance en l’eau du robinet reste très relative. Des systèmes de filtrages sont alors adoptés dans le but d’obtenir une eau d’encore meilleure qualité malgré les nombreux contrôles déjà effectués. Mais selon l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), l’efficacité de ces carafes est contestable. Les cartouches de filtration se révèlent ainsi être des nids à microbes et les carafes filtrantes contribuent alors à la propagation de microbes dans l’eau.

 

Comment choisir son eau en bouteille ?

Les eaux en bouteille sont naturellement potables, et ne subissent aucun traitement. Il existe deux types d’eau en bouteille :

  • Les eaux de source : Elles proviennent de nappes d’eau souterraines situées dans toutes les régions de France, et sont soumises à la même réglementation que l’eau du robinet. Elles doivent remplir tous les critères de potabilité et contiennent donc à peu près autant de minéraux que l’eau du robinet. Elles ne subissent aucun traitement, ces eaux sont ainsi plus pures que celle du robinet, même si la différence reste très faible.
  • Les eaux minérales : Leur origine est souterraine, tout comme l’eau de source. Par contre, elles sont soumises à des normes spécifiques et peuvent atteindre des fortes teneurs en minéraux qui ne sont pas tolérées pour l’eau du robinet.

Le premier élément à prendre en compte dans le choix d’une bouteille d’eau est la quantité de résidus à sec qu’elle contient. Il s’agit de la quantité de minéraux (sodium, magnésium, sulfate, calcium,…) restants une fois que l’eau est évaporée. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une bonne eau est une eau peu minéralisée. Une consommation excessive de minéraux peut être néfaste pour l’organisme. La présence de minéraux en grande quantité dans l’eau peut interagir avec ceux apportés par l’alimentation, réduisant l’assimilation de ceux-ci. Le résidu à sec doit ainsi être idéalement inférieur à 100mg/l. Il est identifiable après les valeurs nutritionnelles de la bouteille par les mentions : “résidus à sec à 180°”, “extrait sec à 180°”, “teneur total en sels minéraux à 180°.

De manière générale, les eaux minérales doivent donc être consommées de façon limitée. Elles sont souvent trop riches en sodium et autres minéraux. Certaines seraient refusées en réseau public de distribution à cause de leur trop fort taux en minéraux. L’argument souvent mis en avant par ces eaux est que la présence de minéraux permet de réduire certaines carences, notamment en calcium et en magnésium. Or, l’assimilation du calcium et du magnésium de ces eaux est faible. Ainsi, ces eaux ne présentent que peu d’intérêt particulier et ne doivent pas faire l’objet d’une consommation quotidienne. Lorsque l’on est carencé, l’eau minérale n’est pas une solution : les déficits en magnésium ou en calcium ne peuvent pas être restaurés avec de l’eau, ils doivent être restaurés à travers une meilleure alimentation.

En revanche, les eaux de source contiennent nettement moins de minéraux et peuvent convenir pour une utilisation au quotidien. Elles sont intéressantes en remplacement de l’eau du robinet, quand celle-ci possède un goût de chlore trop prononcé par exemple ou dans les régions rurales polluées.

Le deuxième élément à considérer est le pH de l’eau. L’estomac est un milieu très acide, et la consommation d’une eau trop basique (à l’opposé de l’acidité) peut perturber la digestion gastrique. Le pH de l’eau doit donc être neutre à légèrement acide (compris entre 6,5 et 7). Sur l’étiquette, l’indication du pH se trouve après celle des résidus à sec.

 

Des particules de plastiques dans l’eau en bouteille ?

L’eau en bouteille de nombreuses marques est contaminée par de minuscules particules de plastique qui se détachent et migrent dans l’eau. Le risque de transfert des particules vers les aliments est d’autant plus élevé avec la chaleur et la lumière, qui contribuent à la dégradation du plastique.

Pour le moment, les dangers sur notre santé sont encore méconnus et des études approfondies sont nécessaires pour savoir si l’on doit réellement s’inquiéter de leur présence.

 

L’eau gazeuse est-elle intéressante ?

L’eau gazeuse peut être consommée en petite quantité lors de gros repas où l’acidité de notre estomac devient très élevée, ou pour les personnes qui souffrent d’acidité gastrique. En effet, elle favorise la digestion car le bicarbonate contenu dans l’eau contribue à la neutralisation de l’acidité produite lors de la digestion et régule le pH d’un estomac trop acide. Néanmoins, elle est à éviter en cas de ballonnement car elle libère du gaz dans le tube digestif.

Par ailleurs, le bicarbonate est utile aux sportifs pour diminuer l’acidité qui a été produite en quantité par les muscles pendant un effort. Cette acidité, appelé acide lactique, est à l’origine de courbatures et de douleurs musculaires. Suite à un effort, la consommation d’eau gazeuse va alors permettre de réduire plus rapidement la fatigue musculaire, en régulant l’acidité tissulaire, et ainsi accélérer la récupération.

Les eaux gazeuses peuvent être consommées de temps temps mais ne doivent pas composer l’apport majeur d’eau pour le corps car elles sont chargées en minéraux. Dans les deux cas précédent, il vaut mieux privilégier une consommation occasionnelle d’eau gazeuse la moins minéralisée possible et riche en bicarbonates de sodium (>600mg/l).

 

Et l’environnement dans tout ça ?

La production d’eau en bouteille est un processus extrêmement énergivore. Entre le transport des matières premières, le processus de fabrication, et l’acheminement vers les grandes surfaces, c’est un bilan de 8kg de CO2 rejetés par litre d’eau. C’est à dire autant qu’une voiture qui roule 80 km, pour une seule bouteille d’1,5L.

Par ailleurs, une fois bues, les bouteilles finissent soit en décharge, en incinérateurs, en centre de recyclage, ou dans la nature. La décharge et l’incinération sont des options posant problème car elles libèrent des toxines dans le sol que nous cultivons et dans l’air que nous respirons.

L’eau du robinet bénéficie la plupart du temps d’un système de distribution beaucoup plus rentable et moins énergivore que pour l’eau en bouteille.

 

Finalement, que faire ?

  • Pour votre consommation quotidienne, privilégiez l’eau du robinet, peu chère, de qualité et respectueuse de l’environnement.
  • Si son goût ne vous plait pas ou si vous êtes dans une région à risque, préférez une eau de source très faiblement minéralisée avec un taux de résidus à sec inférieur à 100mg/l et un pH situé entre 6,5 et 7 (Mont-Roucous, Montcalm, Rosée de la Reine).
  • Evitez les eaux minérales. Si vous êtes carencés, ne voyez pas l’eau minérale comme la solution et essayez de combler vos carences à travers une alimentation plus adaptée.
  • Suite à un effort ou un repas copieux, vous pouvez boire un verre d’eau gazeuse riche en bicarbonate pour diminuer l’acidité du corps (Vichy Célestins, Vichy ST Yorre, Rozana, Quézac, Badoit).

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