Le régime cétogène: à ne pas prendre à la légère !

4 juin 2021

La diète cétogène, un régime récent pour perdre du poids ? Détrompez-vous, il s’agit ni plus ni moins du retour d’un régime conçu il y a un siècle pour prendre en charge des enfants épileptiques résistants au traitement. Cette diète tient son nom de sa capacité à fabriquer des « corps cétoniques ». En effet, notre corps, ô combien malin et (presque) parfait, a la capacité de pouvoir transformer nos graisses de réserve en molécules « cousines du glucose ». Normalement, notre organisme ne puise pas dans ces réserves puisque nous lui apportons le glucose nécessaire au fonctionnement cellulaire à travers nos repas quotidiens. Or, lorsque l’on suit une diète cétogène, on en élimine les sucres. À commencer par toutes les douceurs, mais aussi les légumineuses, les racines, les féculents, les pains, les fruits et enfin les légumes riches en amidon. Pour pouvoir trouver le carburant indispensable aux cellules, l’organisme va donc fabriquer ces fameux corps cétoniques.

Affamer les cellules cancéreuses

Cette diète a plusieurs vertus, notamment contre certains cancers. Alors que les cellules saines et le cerveau sont capables d’utiliser ce carburant de substitution que sont les corps cétoniques, il n’en va pas de même pour les cellules cancéreuses dont le carburant principal reste le glucose. Réduire autant que possible l’apport alimentaire en glucides (et donc en glucose) vise à affamer les cellules cancéreuses et en freiner la multiplication.

La diète cétogène, qui va mimer les effets du jeûne, s’avérerait efficace lors de la prise en charge de certains cancers, notamment du cerveau et du pancréas. Autre élément qui plaide en sa faveur dans le cadre de la prise en charge de ces maladies : suivie durant la chimiothérapie, cette contrainte modérerait les effets secondaires désagréables (nausées). C’est, en tout cas, ce que rapportent souvent les malades. Cependant, des questions et des doutes subsistent. En effet, cette diète n’est pas toujours bien tolérée. De plus, les études prouvant son efficacité sur l’homme manquent à l’appel. Et il existe des contre-indications, notamment chez les personnes atteintes d’un cancer déjà dénutries par la maladie et ses traitements. Mieux vaut donc toujours la réaliser en concertation avec un médecin ou un nutritionniste bien formé, et sur une période déterminée.

La diète cétogène fait aussi l’objet d’intérêt et d’espoir dans la prévention du déclin cognitif des patients à risque de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson). Ce serait ses effets antioxydants, anti-inflammatoires et neuroprotecteurs qui joueraient un rôle alors. Mais mieux vaut être bien accompagné pour la mettre en œuvre.

Sa version « new look » nourrit encore d’autres ambitions ; la plus connue étant de faire perdre du poids. Manger beaucoup moins de glucides pour perdre du poids, l’idée n’est pas nouvelle puisque c’était déjà le postulat de la diète dite « hyperprotéinée ». Mais dans le cas de la diète cétogène, ce sont les lipides qui sont largement mis à l’honneur, les aliments gras pouvant représenter 50 à 80 % (pour les extrêmes) du régime, bien devant les protéines. Chasser le gras qui a été stocké par du gras dans son assiette… Avouez que l’idée a de quoi surprendre. Mais elle peut plaire si le système digestif et la peau le supportent bien. La diète cétogène permet une perte de masse grasse rapide, un maintien de la masse maigre et une diminution de l’appétit. Ses partisans mettent aussi en avant son côté « tonifiant » mental, quand on a passé le cap des premiers jours, voire semaines, qui peut être désagréable.

Avec quel gras cuisiner ?

Pour respecter les règles de la diète cétogène, la graisse de coco est sans conteste le meilleur choix. D’une part, cette graisse est stable à haute température, d’autre part, c’est celle qui se transforme le plus facilement en corps cétoniques. Pas question cependant d’en faire un usage exclusif. Des graisses de qualité riches en acides gras mono (huile d’olive) et poly-insaturés (huile de colza) doivent être privilégiées pour les préparations froides ou peu chauffées. Toujours bio et de première pression à froid, bien entendu.

Une grande fatigue

À y regarder de plus près, d’autres aspects restent gênants. Du moins sur le long terme. Impossible d’échapper à de nombreuses carences avec une alimentation excluant ou réduisant drastiquement la consommation de fruits, légumes et céréales complètes. À commencer par les fibres qui vont cruellement faire défaut. Leur apport est estimé à 10-15 g contre les 30 recommandés. Ce qui peut non seulement favoriser une constipation, mais aussi affamer et appauvrir le microbiote.

Les études montrent ainsi que le microbiote n’apprécie guère les grandes quantités de graisses, encore moins les graisses saturées dont les excès favorisent les maladies cardiovasculaires. Une augmentation de bactéries moins amies, comme les Escherichia coli a aussi été observée.

Les oléagineux : les presque parfaits !

Tous les membres de la famille des « noix » sont bons à se mettre sous la dent… Seules les noix de cajou font figure d’exception car elles sont les plus riches en glucides (23 %). La chouchoute, c’est la noix de Grenoble qui n’en contient que 3 %. C’est la star à privilégier, d’autant qu’elle est également la seule à contenir de bons oméga-3. Croquer tous les jours 30 g de noix ou d’amandes « natures » (ni salées, ni grillées) est donc un sage conseil.

De nombreux autres nutriments vont manquer à l’appel : calcium, potassium, magnésium, sélénium et fer, mais aussi de nombreuses vitamines du groupe B et la vitamine C. Ce qui peut expliquer la fatigue importante, les maux de tête et les nausées que ressentent certains. Cet état de faiblesse, appelé « ketoflu » (grippe cétogène), semble disparaître après trois à quatre semaines.

La diète cétogène n’est donc pas un régime à prendre à la légère. Ses effets démontrés dans la prévention et la prise en charge de certaines maladies ne doivent pas faire oublier ses inconvénients. Sa mise en pratique devrait être réservée à des fins thérapeutiques et encadrée par un professionnel de la santé. Si vous souhaitez la mettre en pratique, choisissez vos aliments (graisses mono et poly-insaturées, viande maigre, poisson, fruits et légumes pauvres en sucre…) le tout bio et exempt d’additifs. Et ne la poursuivez pas trop longtemps.

Bien entendu, je suis à votre disposition si vous souhaitez être accompagné dans sa mise en place : contactez-moi !

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